Le Garde-mots

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Gardimots

Libres propos du gardien.

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mardi 21 mai 2013

Pendant les travaux...

À partir d'aujourd'hui 21 mai et pour un certain temps (un mois environ) le blog Le Garde-mots et moi nous allons mener des vies séparées.

En ce qui me concerne je suis en ce moment même dans une salle d'opération. Je n'ai aucun symptôme. Juste une malformation de l'aorte qui nécessite une opération à cœur ouvert avec circulation extra-corporelle. Si je ne l'avais pas acceptée j'aurais été en risque permanent d'interruption de ma ligne de vie.

Le blog continue son chemin de façon autonome. Chaque lundi et chaque vendredi, les billets que j'ai préparés à votre intention s'afficheront automatiquement. Seul différence avec ce que vous connaissez, vos commentaires resteront provisoirement dans les limbes. Ils s'afficheront quand je serai en mesure de les lire et de leur donner une suite.

Celles et ceux qui voudraient avoir de mes nouvelles pourront le faire en se rendant sur Facebook où mon fils Jean-Louis fera de temps à autre office de chroniqueur.

Merci pour votre fidélité. J'espère vous retrouver en pleine forme.

Cœur en fleurs

lundi 18 juin 2012

Montagnier et la mémoire biologique

Le professeur Luc Montagnier

@ le gardien

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vendredi 8 juin 2012

L'instant décisif

Tous phares éteints, une voiture fonce vers eux dans la nuit. Au dernier moment, un bruit sourd. Ils tournent la tête et font le même écart sur le passage zébré. Ils ne se connaissent pas.

- Il y a de ces fous..., dit-elle.
- Des assassins, répond-il en apercevant un rayon de lune sur sa bouche et une étoile dans ses yeux.
- Nous avons failli mourir ensemble...
- Ç'aurait été dommage. Peut-être pourrions-nous vivre ensemble ?

La suite de l'histoire leur appartient.

vendredi 1 juin 2012

Je suis toujours jamais là

Je ne suis ni un escargot, ni un forain, ni un adepte de la toile de tente et pourtant ma maison n'est jamais au même endroit. C'est une maison comme les autres. On y entre et on en sort comme on veut, le tout est de savoir où elle est.

Ma maison n'existe qu'en dimension cachée. Je l'ai bâtie partout et nulle part, à tous les vents et tous les mystères, dans les entrailles du hasard ou sous les neiges de l'esprit. Elle a quatre murs et un toit mais personne ne l'a jamais bâtie même si j'en suis l'architexte. Personne n'y est jamais entré, personne n'en est jamais sorti. Certains en font le tour sans la voir, d'autres devinent sa présence mais personne ne songe à fermer les yeux pour mieux l'apercevoir.

ll est permis de l'imaginer, à condition d'avoir des pensées vagabondes et du temps à perdre. Je ne peux dire combien, si c'est un peu ou si c'est beaucoup, si c'est maintenant ou ailleurs, ici ou pour toujours. S'il faut s'attendre au pire ou au meilleur quand on la cherche. En tout cas elle s'inscrit dans un monde sans atomes. C'est la raison pour laquelle vous ne saurez jamais si vous aurez la chance d'y entrer un jour. Il faudrait, pour cela, une longue préparation, un goût pour le sacrifice et la fraternité du hasard.

Je vous le dis tout net : c'est la maison des rêves. Des amours, de la rencontre, d'un art impossible et du nom qu'on me donnerait si l'on pouvait m'y rejoindre. Elle est construite avec des mots et des prières et l'accueil y est chaleureux.

Si c'est une chimère c'est que rien n'a d'importance. Et pourtant vous devez admettre que vous ne l'avez pas inventée, sinon l'empreinte du monde est improbable, et même sans fondement. D'ailleurs je ne sais pas d'où je vous parle. Parfois je me demande si j'existe.

vendredi 18 mai 2012

Le cygne

Sans bruit, sous le miroir des lacs profonds et calmes,
Le cygne chasse l'onde avec ses larges palmes,
Et glisse. Le duvet de ses flancs est pareil
A des neiges d'avril qui croulent au soleil ;
Mais, ferme et d'un blanc mat, vibrant sous le zéphire,
Sa grande aile l'entraîne ainsi qu'un blanc navire.
Il dresse son beau col au-dessus des roseaux,
Le plonge, le promène allongé sur les eaux,
Le courbe gracieux comme un profil d'acanthe,
Et cache son bec noir dans sa gorge éclatante.
Tantôt le long des pins, séjour d'ombre et de paix,
Il serpente, et, laissant les herbages épais
Traîner derrière lui comme une chevelure,
Il va d'une tardive et languissante allure.
La grotte où le poète écoute ce qu'il sent,
Et la source qui pleure un éternel absent,
Lui plaisent ; il y rôde ; une feuille de saule
En silence tombée effleure son épaule.
Tantôt il pousse au large, et, loin du bois obscur,
Superbe, gouvernant du côté de l'azur,
Il choisit, pour fêter sa blancheur qu'il admire,
La place éblouissante où le soleil se mire.

Puis, quand les bords de l'eau ne se distinguent plus,
A l'heure où toute forme est un spectre confus,
Où l'horizon brunit rayé d'un long trait rouge,
Alors que pas un jonc, pas un glaïeul ne bouge,
Que les rainettes font dans l'air serein leur bruit,
Et que la luciole au clair de lune luit,
L'oiseau, dans le lac sombre où sous lui se reflète
La splendeur d'une nuit lactée et violette,
Comme un vase d'argent parmi des diamants,
Dort, la tête sous l'aile, entre deux firmaments.

(Sully-Prudhomme)


[mais il est en proie
à un terrible cauchemar...]

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vendredi 4 mai 2012

Il faut sauver l'humanité

*

© le gardien

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lundi 23 avril 2012

Qui a inventé l'Art ?

La Madone de Port Lligat
Salvador Dalí (1904-1989). La Madone de Port Lligat (1949).
Marquette University, Milwaukee, Wisconsin.


Qui a inventé l'art ? Salvador Dalí, bien sûr.

Les peintres qui l'ont précédé étaient des visionnaires. Ils ont pressenti sa venue et se sont exercés à la préparer. Avec lui commence l'Art, celui qui transfigure le quotidien, qui l'installe entre le suranné et l'esprit rebelle, le classique et le dérisoire, l'amertume et le juste récit. Il revient aux générations futures d'approfondir son œuvre, de la magnifier et, si possible, de dépasser le principe d'« irrationalité concrète » (l'expression est de lui) qu'il nous a légué.

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vendredi 20 avril 2012

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Signets Jacques André

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vendredi 6 avril 2012

La Vénus d'Urbin

Titien. La Vénus
Le Titien , Vénus d’Urbin
(Venere di Urbino)
Huile sur toile, 119 x 165 cm.
Florence, Galerie des Offices, 1538.


Ce tableau de Tiziano Vecellio dit Le Titien (1488-1576) représente une femme nue, les cheveux dénoués sur l’épaule droite. Son regard direct et chaste contraste avec l’impression générale de sensualité qui se dégage de sa pose alanguie. Elle tient dans sa main droite un bouquet de roses, attribut de Vénus. La gauche s’égare pudiquement dans l’ombre du pubis, région qui attire d’autant plus le regard que son corps suit une ligne descendante. Et si nous ne voulions pas saisir l'allusion le bord vertical du grand rideau vert derrière la Vénus, nous mène exactement au même endroit.

Détournons par discrétion nos yeux vers l’arrière-plan, où deux servantes sortent de somptueuses toilettes d’un cassone. Un arbuste en pot, sans doute un myrte, autre symbole de Vénus, est posé sur le rebord de la fenêtre.
 
Glissons vers l'un des points forts du tableau, le petit épagneul endormi sur le lit. Le chien est un symbole de fidélité incitant à considérer ce tableau comme parfaitement en accord avec les mœurs du XVIe siècle. Les images de nudité était fréquentes dans les chambres à coucher de l’époque. On les y accrochait (parfois on les cachait dans les cassoni) en leur attribuant une puissance magique. La femme était censée regarder un tel tableau pendant l’acte sexuel afin que son futur enfant eût toutes les chances d’être beau.

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lundi 26 mars 2012

L'instant éternel

Vous êtes vous-même le capteur, l'objectif, le diaphragme, le temps de pose. Déclenchez quand la scène est à votre convenance.

Vous ne pouvez pas tirer l'image sur papier. Gardez-la dans l'intimité de votre mémoire, ce qui ne vous empêche pas, bien au contraire, de la retrouver à chaque fois qu'il vous en prend l'envie. De la regarder avec les yeux du sacrifice, de l'étudier, d'en faire une icône au hasard de vos silences.

Le flou n'est pas un problème. La couleur, elle, est plus difficile à maîtriser. Vous devez  l'insérer dans votre projet, l'apprivoiser, jouer avec elle plutôt que chercher à la reproduire. Si votre esprit n'est pas aussi précis que votre rétine, sachez que c'est le lot commun.

La photographie, c'est l'instant dont on conserve la trace. Il suffit de convoquer la lumière au moment décisif et de la fixer dans la chambre noire. L'entreprise est délicate car elle suppose une bonne connaissance de sa propre incandescence. En revanche il n'y a pas besoin de savoir ranger les images, elles se classent toutes seules dans les replis du monde inconnu qui, au fond de nous, s'enchaîne au désir.

J'ai découvert par hasard ce principe que l'on peut qualifier de magique, et qui consiste à photographier ses rêves. Je me suis endormi l'autre nuit en pensant à mon sujet favori, le cirque, et en me disant que j'aimerais bien le retrouver au cours de mon égarement quotidien dans les arcanes de la nuit.

Et c'est ce qui s'est produit. J'ai eu, un court instant, le sentiment de marcher sur de la sciure odorante, avec devant mes yeux un clown hirsute et débraillé. J'ai immédiatement su que c'était mon double mais je n'ai pas osé lui parler, j'avais trop de choses à lui dire. Au moment où j'allais enfin m'adresser à lui, son corps se figea et ses mains firent des moulinets. Il cherchait son nez et ne le trouvait pas. Soudain j'eus la sensation que la boule rouge était sur mon visage et je me réveillai en tentant de l'attraper.

C'est ainsi que j'ai découvert mon clown intérieur, celui qui sait prendre de la distance avec la vie. Je le convoque aussi souvent que possible, la nuit ou à l'état de veille selon les circonstances, notamment quand je suis triste. Il me sourit et j'ai l'impression de comprendre ce qu'il ne dit pas.

La photo intérieure, c'est l'art d'être soi-même à chaque instant de l'éternité.

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